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La rue GRISET
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Sur le cadastre de Saint-Martin-Boulogne de 1811, apparaît
déjà un chemin à l'emplacement de la rue Griset(1), qui mène
à Echinghen. Un recensement des chemins de Saint-Martin de 1825,
définit la rue Griset « ...qui débouche de la route de Boulogne
à Desvres au hameau de Mont-Lambert, parcourant un hecto-mètre
environ sur le terrain communal et allant joindre les limites de
la commune d'Echinghen par le chemin dépré, en observant que ce
chemin autrefois reconnu praticable avec des voitures, n'est plus
maintenant qu'un chemin praticable à pieds et à cheval, par la
négligence des propriétaires riverains qui ont négligé
l'entretien de ce chemin...».
L'armateur Jean Griset acquiert, vers 1800, une petite demeure au
Mont Lambert, sur la Grande Route de Boulogne à Desvres, à
proximité du chemin qui mène à Echinghen. Cette possession va
donner son nom au chemin. (II possède également quelques terres
à labours à Wicardenne). Cette propriété échoit à son fils
Martial, qui achète d'autres terrains à pâtures et à carrière
au Mont-Lambert.
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MARTIAL GRISET
MAIRE DE SAINT-MARTIN-BOULOGNE 1840-1848.
L'un des membres de la famille Griset mérite, particulièrement,
d'attirer notre attention, puisqu'il fut maire de Saint-Martin-Boulogne.
Marie Théodore Martial Sévère Griset est né le 16 août 1790, à
Boulogne-sur-Mer, où il est baptisé le lendemain à l'église Saint
Nicolas. Il est le second enfant d'un négociant Jean Marie Griset et
Marie Jeanne Françoise Souquet (le 6 frimaire An II -26 novembre 1793-,
lorsque naît Virginie, le troisième enfant de la famille, Jean Griset
est alors officier municipal). Ils habitent la section du port de
Boulogne-sur-Mer. En l'an VII, Jean Griset
est armateur d'un bateau corsaire(2), L'Industrie, qu'il confie au
capitaine Jean Huret. Jean Griset achète une petite terre à
Saint-Martin-Boulogne. Il possède également des terres à
Baincthun, où l'attachement semble être fort (le caveau familial
était dans l'ancien cimetière de Baincthun).
Martial Griset est élève à l'école centrale de Boulogne, où il a
pour condisciple Alexandre Adam. Devenu agent de change, il épouse, le
19 juillet 1827, Lucie Claudine Lefèvre, fille de Louis Armand
Lefèvre, receveur du Domaine. De ce mariage naîtra deux enfants:
Martial Armand Marie et Alexis. Il fonde, avec M. Demarle, un de ses
parents, le musée de
Boulogne. Il fait partie du premier comité d'administration de ce bel
édifice, en janvier 1827. Il est chargé de la section botanique. Il
résigne ce titre en 1832, pour faire place à
M. Gaillon, receveur des Douanes, botaniste hors ligne, et auteur de
plusieurs mémoires fort remarqués sur les points les plus
controversés de cette science, et qu'il estime plus savant que lui. Il
est également Membre-secrétaire de la société d'agriculture depuis
sa première réorganisation. Passionné d'agriculture, il crée un
petit domaine au Mont-Lambert,
qu'il hérita de son père et qu'il n'a de cesse d'agrandir.
Administrateur renommé, après avoir été percepteur de la commune de
Boulogne, il est nommé maire de Saint-Martin-Boulogne de 1840 à 1848,
en remplacement de Léonard
Calais(3), alors que la commune est dans une situation financière
délicate. Il rétablit les comptes et établit des traditions
d'exactitude et de fermeté dans l'accomplissement des devoirs publics.
Sous son majorat, est entreprise la réparation de la mairie (ancienne),
l'agrandissement du cimetière communal. Il s'intéresse
particulièrement aux questions
scolaires et améliore la situation de la voirie communale. C'est sous
son mandat, qu'est décidée l'édification d'une nouvelle église, qui
ne sera bénie qu'en 1852. Sensible à la
condition humaine, il réalise un rapport sur les indigents et les
ouvriers, « alors que la saison a été rigoureuse, manquant d'ouvrage,
réduits à la position la plus affreuse, l'administration, faute de
fonds affectés à ce service n'a pu leur venir en aide(4). Il estime
qu'il est temps de mettre en place un Bureau de Bienfaisance avec de
véritables ressources. Il crée des taxes dont le produit va alimenter
son budget: location des places des ducasses du Mont-Lambert et d'Ostrohove,
droit d'1 % sur les recettes des bals; courses, concerts, dons
volontaires...
En 1848, il cède sa place de maire à Auguste Chauveau, pour devenir
receveur de l'hospice Saint-Louis, fonction qu'il confiera à son fils
aîné, en 1864.
Martial Griset fut également Consul d'Autriche (II habite alors rue
Saint Martin dans la vieille ville de Boulogne-sur-Mer, qui semble être
la résidence principale de la famille). Son ami de collège, Alexandre
Adam, est alors Consul du Hanovre et des Pays-Bas.
En 1868, avec M. Mauduit, il entreprend la fabrication de la bière
viennoise(5)à Boulogne. L'inauguration à la vente de ce produit a
lieu, le 12 août 1868, sur l'hippodrome d'Hobangues. Il remporte la
médaille d'or au concours de Lille, pour les produits de sa brasserie
de la Madeleine. Un incendie va détruire cette brasserie, pour laquelle
il va investir beaucoup pour la reconstruction.
Il meurt le 30 décembre 1874, au 229 rue Royale. Ses funérailles sont
célébrées à l'église Saint-François-de-Salles. Il est inhumé à
Baincthun.
(1) La rue Griset est prolongée par le chemin des Près ou dépré.
(2) La pratique de la course est alors très répandue sur la côte.
Elle consiste à armer un navire corsaire, muni d'une autorisation du
gouvernement, dans le but de prendre la cargaison des navires
étrangers. La revente de ces marchandises est source de profits
importants pour l'armateur.
(3) Léonard Calais, maire de Saint-Martin-Boulogne de 1830 à 1840
(4) Registre des délibérations, 1841.
(5) La bière viennoise est frappée à la glace au sortir des cuves.
Cet article a été rédigé par le Service Patrimoine Historique de la
Commune.
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